ZURICH


ZURICH
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ZURICH

Métropole économique de la Suisse, Zurich est la capitale du canton le plus peuplé de la Confédération (1 158 000 hab. en 1992). L’agglomération est née au débouché du lac du même nom. Le site est précocement occupé par les populations de l’âge du bronze (\ZURICH 1800-\ZURICH 800), qui édifient la cité lacustre de la rade, puis par les Celtes. Sur la rive gauche de la Limmat se développent, au cours du Ier siècle, le poste militaire et la bourgade de Turicum. Dès 260, la région est attaquée par les Alamans, qui s’y établissent définitivement au cours du IVe siècle. Le vicus celto-romain, qui avait probablement survécu aux invasions, est mentionné à nouveau, en 670. Turicum, puis Turegum dépend, en 853, de l’abbaye de femmes de Frauenmünster et accède, en 929, au rang de ville. Au XIe siècle, elle compte parmi les cités les plus importantes de la Souabe et elle est soumise à la juridiction directe de l’empereur. Les habitants, enrichis au Moyen Âge par le commerce de la soie, tendent, dès 1220, à s’émanciper de la tutelle féodale exercée par l’abbesse du monastère. Au début du XIVe siècle, les corporations de métiers se soulèvent contre la bourgeoisie marchande et les artisans privilégiés (orfèvres, fabricants de soieries), qui monopolisent l’administration citadine. L’insurrection du 7 juin 1336 porte au poste de bourgmestre Rodolphe Brun, puissante personnalité, qui domine la vie zurichoise jusqu’à sa mort, en 1360. Il fait adopter des statuts municipaux qui resteront en vigueur dans leurs dispositions essentielles, jusqu’en 1798. L’autorité émane des treize corporations qui élisent à vie un bourgmestre. Pour se prémunir contre l’hostilité des Habsbourg et le retour offensif des oligarchies urbaines évincées du pouvoir, la ville adhère, le 1er mai 1351, à la Confédération formée, en 1291, par les cantons forestiers. C’est, après Lucerne, la seconde des grandes cités suisses qui s’associe au pacte fédéral. Le gouvernement de Brun réussit à triompher des attaques de l’Autriche (1351-1354) et à agrandir le territoire du canton sur les rives du lac. Au milieu de vives agitations intérieures s’amorce l’évolution du passage des pouvoirs de l’assemblée des bourgeois au Conseil des Deux-Cents. En 1400, l’empereur reconnaît l’indépendance de la ville. Pour contrôler la route commerciale menant de Bâle en Italie, Zurich acquiert, à la fin du XIVe et au début du XVe siècle, par achats ou alliance avec les villes, un vaste domaine rural, politique d’expansion qui entraîne un violent conflit avec Schwyz, pour la possession du comité de Toggenburg, en 1436. Les Zurichois s’allient à l’Autriche et quittent la Confédération. Mais les sept autres cantons sont vainqueurs à Saint-Jacques sur la Sihl (1443). Le roi de France, Charles VIII, allié des Habsbourg, envoie une armée qui bat les Suisses à Saint-Jacques sur la Birse (1444), mais il arrête la lutte et signe la paix. Zurich reprend sa place dans l’alliance, renonçant à ses projets d’hégémonie sur la Suisse orientale. Zurich joue un rôle prépondérant contre la France, au cours des guerres d’Italie. La Réforme, prêchée, dès 1519, par Ulrich Zwingli, inaugure une nouvelle période de troubles. Elle vaut à l’État citadin un accroissement de puissance, par la sécularisation des biens de l’Église catholique, mais elle l’entraîne dans les conflits occasionnés par l’extension du protestantisme. Zurich resserre son alliance avec les autres cantons protestants, qui sont désormais en minorité à la Diète, et elle la consolide par des traités de combourgeoisie avec d’autres cités passées à la Réforme, comme Genève, Mulhouse et Strasbourg. Le gouvernement autoritaire des bourgeois doit réprimer des soulèvements dans les campagnes, soumises à une discrimination économique et politique (1645-1646) et de nouvelles luttes armées menées contre les cantons catholiques. L’afflux des huguenots français, après la révocation de l’édit de Nantes (1685), relance la prospérité (essor de la soierie et coton). Le XVIIIe siècle est un âge d’or intellectuel et scientifique, mais les paysans, travaillant à domicile pour les manufacturiers urbains détenteurs du monopole industriel, fomentent, en 1794, une insurrection durement réprimée. L’intervention du Directoire, en Suisse, accentue la fermentation révolutionnaire et, à la nouvelle de la chute de Berne, Zurich se soumet au régime français (29 mars 1798). Théâtre de la guerre entre Russes et Français (juin-sept. 1799), fortement éprouvée par la dépression économique, la cité recouvre son statut cantonal, après l’Acte de médiation de 1803.

En juin 1815, elle se donne une nouvelle Constitution qui rétablit, en grande partie, les institutions autoritaires de l’Ancien Régime. L’opposition de la bourgeoisie libérale, acquise aux idées de la «régénération» et le mécontentement des campagnes aboutissent, en écho à la révolution parisienne de 1830, à l’élaboration d’une Constitution (20 mai 1831) garantissant au peuple les libertés fondamentales. La législation scolaire ôtant à l’Église le contrôle de l’enseignement suscite une émeute qui renverse le gouvernement, les 5 et 6 septembre 1834, mais le retour au conservatisme est de courte durée. À partir de 1845, les radicaux prennent la direction des affaires. La révolution industrielle vaut à Zurich, entre 1853 et 1865, une rapide expansion économique, sous l’impulsion d’hommes d’État entreprenants, comme Alfred Escher (1819-1882) et Jakob Dubs (1822-1879). Les démocrates font aboutir la transformation de la république représentative des conseils en un organisme fondé sur le principe électif et le référendum populaire (1869). La compétition entre les libéraux et les radicaux occupe la seconde moitié du XIXe siècle. À partir de 1899, les socialistes prennent une importance croissante dans la vie politique du canton, parallèlement à l’essor de l’industrialisation. En 1993, la ville comptait 345 200 habitants (l’agglomération 841 400 en 1991). C’est un centre industriel (construction mécanique) et tertiaire (banques et assurances).

Zurich
(canton de), canton de Suisse, au nord du pays; 1 728 km²; 1 142 700 hab. (Zurichois), germanophones et protestants en majorité; ch.-l. Zurich; v. princ. Winterthur, Uster, Horgen, Wädenswil, Thalwil, Wetzikon. Le territoire s'étend sur le Plateau suisse, que sillonnent, parallèlement au lac de Zurich, des affluents du Rhin (Thur, Töss, Glatt) et de l'Aar (Limmat, grossie de la Sihl). Au N., le canton touche le Rhin, s'étendant même sur sa rive droite (saillant d'Eglisau). Cette situation de carrefour européen a favorisé le développement de la ville et du canton. Le relief se relève au S., dans les Préalpes. Polyculture et élevage sur les hauteurs. En association avec les cantons voisins, Zurich et ses banlieues forment un puissant pôle industriel. Hist. - Anc. bourgade gallo-romaine (Turicum), détruite au V e s. par les Barbares, puis reconstruite, Zurich devint ville libre impériale en 1218, puis entra dans la Confédération suisse en 1351 et y prit une grande importance, grâce à l'acquisition de nombreuses seigneuries voisines et à la prospérité de son artisanat textile. Zwingli introduisit la Réforme à Zurich à partir de 1519. La ville et le canton furent gouvernés jusqu'à la révolution libérale de 1830 par une riche bourgeoisie protestante; ils se démocratisèrent dans le courant du XIX e s. et la cité connut la prospérité grâce au développement des secteurs industriel et bancaire.
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Zurich
(en all. Zürich) v. de Suisse, ch.-l. du cant. du m. nom, sur la Limmat à sa sortie du lac de Zurich (90 km²); 351 100 hab. (agglomération urb. 840 310 hab.). Princ. centre fin. et écon. de Suisse, l'une des princ. places financières du monde; grand centre culturel. Industries.
Université. Polytechnicum (école polytechnique fédérale, 1854). Cath. des XIIe-XIIIe s. (Grossmünster); égl. des XIIe-XVe s. (Fraumünster, qui appartenait à un couvent de femmes). Nombr. musées, notam. le Kunsthaus (Beaux-Arts, de l'Antiquité à nos jours), Musée national suisse, Collection Bührle (impressionnistes). - Victoire du Français Masséna sur les Autrichiens et sur les Russes (1799).
Paix de Zurich (10 nov. 1859): accord entre la France, le Piémont-Sardaigne et l'Autriche; celle-ci, vaincue, remettait la Lombardie à la France, qui la cédait au Piémont-Sardaigne.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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